Dans la littérature gothique, ce qu'on a appelé Roman Gothique c'est un récit tenant à la fois du Merveilleux (le terme qui qualifiait le fantastique à la Renaissance) avec le même bestiaire, animaux fabuleux, nymphes, esprits... Mais avec cette fois l'adjonction et la mise en avant du cadre, du lieu dans lequel se tient l'action. On décrit avec soin les cimetières, collines battues par le vent violent, vallées embrumées, châteaux, caveaux et ruelles sombres des métropoles grandissantes du milieu et de la fin du 19ème siècle. Le Roman Gothique c'est l'appel au folklore, à la mythologie pour créer une œuvre de fiction littéraire dans lequel les prétendues créatures du mal (qui sont souvent des êtres humains comme vous et moi) se liguent contre le ou les héros et les tourmentent dans d'incessants grincements de plancher et soupirs. En fait on peut tout a fait dire que les protagonistes effrayés par le plus petit grincement du plancher d'une vieille masure donnent à leur peur une réalité. Ce grincement devient rapidement le fait d'esprits, la peur gagne le héros de l'histoire qui ne fait que cristalliser ses angoisses sur les bruits incessants dans la bâtisse. Le roman gothique c'est aussi l'intervention de ces créatures malignes dans la trame même du récit, elles sont comme le héros dotées d'une volonté qui leur est propre, et sont capables de contrer les tentatives du héros qui visent à triompher d'elles, ce qu'on ne retrouvait pas dans le Merveilleux, les récits se terminaient toujours bien. Dans le roman gothique, le pessimisme est de rigueur, à aucun moment l'un des deux camps ne sait qui va gagner la partie et la conclusion est bien souvent très sombre. Dans le roman classique le héros arrivait à ses fins et le récit laissait supposer que sa vie allait être des meilleures à l'avenir. Le roman Gothique dérange le lecteur qui aimerait que tout se termine dans un « happy end » général.